Tè a tranble… (La Terre a tremblée)

A message from Brother Dufreine concerning the body of Brother Dominic Baron finally retrieved from La Mennais House, entirely destroyed.


Brothers,
Dies Domini : day of the Lord and day of Brother. At 13 . 00 p.m., he left the rubble of the Provincial house on a stretcher of the French Police. Fortunately, we were dealing with specialists.
Yesterday, we finished the work on time. On arriving at the site this morning, at 7.30 a.m. : a surprising back. All those who come close say: It is him (no doubt, making the sign of the cross interiorly). Fortunately, the commanding officer arrives before the operator of the excavator, at 8.30 a.m. After a glance, he proposes to use his team of experts and calls for a second better equipped team. During four hours, with a short pause of 10 minutes, a real work of art to free the body.
Seeing his position, Brother Dominic must have been killed instantly by the entrance gate. He had just returned and had sat down to refresh himself when the house suddenly collapsed. Apparently, he had his head on the table. He unfortunately found himself in the corner which was most damaged ; the walls collapsed over him.
At this moment, he is resting in the French territory, probably at the French Embassy. His next destination and his last resting place? No information from the young Policeman who admirably carried out the operation. Thus, at 13.00 p.m., the day’s objective was achieved. The excavator continued with the work of demolition until its pump got out of order at 15.30 p.m..
We then had enough time to wash up, dress up, and participate in the Mass of thanksgiving at 18.00 instead of 17.00 hrs. The distribution of food to our homeless people delayed the time for Mass. It was an occasion for me to make a tour of the camp … Under the emergency tents; things are not all that rosy! But, in the free spaces of the courtyard, the children are not bored, and the youths find where to play basketball or football, in an easy-going environment. Triumph of life!
Brother Dufreine Auguste, Provincial



Un message du Frère Dufreine à propos du corps du Frère Dominique Baron enfin extrait de la Maison La Mennais totalement détruite.

Frères,

Dies Domini : jour du Seigneur et jour de Frère Dominique. A 13 h 00, il quittait les gravats de la maison provinciale sur un grabat de la gendarmerie française. Heureusement que nous avions eu affaire à des spécialistes .
Hier, nous avons terminé à temps les opérations. En arrivant sur le site, ce matin, à 7 h 30 : un dos surprenant. Tous ceux qui s’en approche disent : C’est lui (en se signant intérieurement sans doute). Heureusement que le commandant arrive avant l’opérateur de l’excavatrice, à 8 h 30. Après un coup d’œil, il propose d’utiliser son équipe et fait appel à une deuxième bien outillée. Pendant quatre heures , avec une courte pause de 10minutes, un vrai travail d’artiste pour dégager le corps.
Vu la position, le Frère Dominique a dû être tué sur le coup, assommé par la porte d’entrée. A peine entré, il venait sans doute de s’asseoir pour se rafraîchir, quand la maison s’est effondrée. Il avait apparemment la tête sur la table. Il s’est malheureusement trouvé au coin le plus affaissé ; les murs de séparation se sont abattus sur lui.
En ce moment, il repose en territoire français, probablement à l’ambassade de France. Sa prochaine destination et sa dernière demeure ? Aucune information du jeune gendarme qui a admirablement mené l’opération. Ainsi , à 13 h, l’objectif de la journée était atteint. L’excavatrice a tout de même continué la démolition, jusqu’à sa panne de pompe à 15 h 30.
Nous avions alors assez de temps pour nous laver, nous restaurer, et participer à la messe d’action de grâces de 18 h, au lieu de 17 h. La distribution d’un plat de nourriture à nos sans-abris a retardé l’heure de la messe. Ce fut l’occasion pour moi de faire le tour du camp … Sous les tentes de fortune ; ce n’est pas rose ! Mais, dans ce qui reste de cour, les enfants ne s’ennuient pas, et les jeunes trouvent où jouer au basket et au foot, dans une ambiance bon-enfant. Triomphe de la vie !
Frère Dufreine Auguste, Provincial.

Un mensaje del Hno. Dufreine a propósito del cuerpo del Hermano Dominique Barón sacado por fin de la Casa La mennais, completamente destruida.


Hermanos:
Dies Domini: Día del Señor y día del Hermano Dominique. A las 13 h. dejaba los escombros de la casa provincial en una camilla de la gendarmería francesa. Menos mal que habíamos puesto el asunto en manos de los especialistas.
Ayer terminamos por fin las operaciones. Al llegar al lugar esta mañana a las 7.30h.: una imagen sorprendente. Todos los que se acercaban decían, santiguándose sin duda interiormente: Es él. Menos mal que a las 8.30 h. llega el comandante ante el obrero de la excavadora. Después de echar un vistazo, propone utilizar su equipo y llamar a una segunda máquina más potente. Durante cuatro horas, con una breve pausa de 10 minutos, hicieron un trabajo de verdadero artista para liberar el cuerpo.
Vista la posición, el Hno. Dominique ha debido morir de repente, caído a la puerta de la entrada. A penas llegó, acababa de sentarse para descansar, cuando la casa se derrumbó. Parece que tenía la cabeza sobre la mesa. Desgraciadamente se encontraba en el rincón más aplastado; las paredes de separación cayeron sobre él.
En este momento descansa en territorio francés, probablemente en la embajada de Francia. ¿Cuál será su próximo destino y su última morada? No tenemos ninguna información del joven gendarme que condujo admirablemente la operación. Por tanto, a las 13 h. se había cumplido el objetivo del día. La excavadora, sin embargo, continuó la demolición hasta que se averió a las 15.30 h. Teníamos, pues, bastante tiempo para lavarnos, descansar y participar en la misa de acción de gracias de las 18 h. en vez de las 17 h. La distribución de un plato de comida a nuestros "desvalidos" ha retrasado la hora de la misa. Para mí ha sido la ocasión de dar una vuelta por el campo… Bajo las afortunadas tiendas de campaña, ¡no todo es de color de rosa! Sin embargo, en lo que queda de patio, los niños no se aburren, y los jóvenes encuentran espacio para jugar al baloncesto y al fútbol en un ambiente muy bueno. ¡Triunfo de la vida!
Hermano Dufreine Auguste, Provincial.



Des extraits d'un Bulletin du Frère Joseph Bellanger, directeur du Collège-Lycée Saint-Louis de Gonzague (Delmas), reçu le 31 janvier 2010...

Mardi 12 janvier Tout bascule.
Il est bientôt 5 h pm. Quelques secondes. Des secousses d’une violence extrême. Une institution méthodiquement et solidement bâtie de 1971 à 1986 s’effondre. La trente-septième promotion sortante (97 élèves), appelée « In Excelsis », se retrouve « In profundis ».
- Toutes les classes (Fondamental et Secondaire) sont fissurées ou privées de murs (côté cour, en général).
- Les chapeaux de tous les escaliers sont à terre ou pendants.
- À l’intérieur, tout le matériel est sens dessus dessous.
- Les rares personnes présentes dans telle ou telle salle (pour l’école du soir, pour le télégénie, à la salle des professeurs) s’en sortent indemnes. Deux blessés à la cuisine.
- Les locaux ayant apparemment résisté (chapelle, cuisine, laboratoire) sont aussi af-fectés.
Élèves, professeurs et parents présents ne s’affolent pas. La nouvelle s’étend rapi-dement : c’est tout le grand Port-au-Prince qui subit, et même Léogane et Jacmel. La liste des institutions publiques et privées touchées, voire détruites, ne cesse de s’allonger. Le phénomène de la rumeur brouille les informations.


Dimanche 31 janvier Au seuil de la vingtième nuit…
L’institution Saint-Louis de Gonzague est devenue « La Cour Saint-Louis ».
« Se lakou Sen Lwi m’ ap domi » : paroles sur les lèvres de campeurs qui n’ont plus de maison depuis le 12 janvier.
La Cour Saint-Louis, vue d’avion ou d’hélicoptère (et ces engins ne manquent pas depuis le 13 janvier !) : arbres et tentes entre lesquels se profilent les toits qui subsis-tent, globalement plutôt en bon état…
Tous les espaces habitables sont occupés.
Entre le 12 janvier et le 31 janvier, la population n’a cessé d’augmenter (le recensement est à faire – après le millier de personnes de la première nuit, les estimations oscillent entre 6000 et 10000). Elle s’est organisée : des comités se sont mis en place dans chaque zone ; il faut gérer la propreté, l’hygiène, l’eau (compagnies locales de distribution, Croix-Rouge haïtienne …), l’alimentation, la cuisine, le logement (tentes, « prélats », couvertures …). L’animation spirituelle est aussi assurée : divers groupes de prière (catholiques, non-catholiques), eucharistie quotidienne depuis le dimanche 17.
La population a envahi tous les secteurs possibles :
Chaque soir, plus de 100 personnes viennent dormir sur le parking et la cour du Fondamental (y compris le propriétaire d’un hôtel voisin qui ne s’y trouve pas en sé-curité).


Il faut noter la présence d’occupants particuliers :
- Radyo-Tele Ginen, avec toutes ses installations sur la cour du troisième cycle ;
- Médecins Sans Frontières dans la zone du stade (chalet, terrain jusqu’à l’ancienne piscine) avec accès par Delmas 33 : les hôpitaux sont maintenant opérationnels ; chaque jour des patients sont acheminés sur Saint-Domingue par hélicoptère ;
- MSF Suisse (espaces de stockage) sur le terrain en bas de la bibliothèque du troi-sième cycle.


Quant à la communauté, elle loge dans la partie sud (atelier / buanderie, non affectés par le séisme). La buanderie sert de dépôt pour tout le matériel récupéré. Trois chambres sont disponibles pour recevoir tel ou tel Frère qui voudrait quitter la tente – ce que fait déjà Fr. Jean. La résidence des Sœurs du Bon Pasteur a été bien se-couée : pas question de s’y installer avant une bonne réparation ; les Sœurs sont rentrées au Canada depuis deux semaines. Quant au Père François, aumônier, il a quitté sa chambre et dort sous la tente. Mais l’aumônerie (sacristie et petite chapelle au rez-de-chaussée, résidence du prêtre à l’étage) a bien résisté, tout comme la grande chapelle dont seule la façade du fond devra être réparée ainsi que l’escalier qui conduit aux cloches.


… Il n’y a que les salles de classe, les laboratoires (physique, chimie, informatique), les bibliothèques, les cafétérias, la chapelle, les salles des professeurs, les directions de cycle, les locaux de l’administration centrale et la résidence des Frères et des Sœurs qui restent vides et inoccupés.


** Récupération


À la différence des responsables d’autres institutions systématiquement détruites (même tout près de nous sur Delmas 31 et Delmas 33), nous avons eu la possibilité de retirer des documents de l’administration scolaire, des archives (fiches des élèves, par exemple, depuis 1948), du mobilier, des appareils (ordinateurs… qui marchent !) … La buanderie et le sous-sol de l’administration sont les rares lieux sûrs où l’on peut stocker le matériel.
Du côté de la résidence des Sœurs et des Frères, nous avons pu sauver du mobilier : armoires, étagères, bureau, lit, ainsi que de la lingerie et quelques affaires per-sonnelles. Nous avons constaté que, dans telle ou telle chambre, des « visiteurs » nous avaient précédés.

** Service minimal
Depuis mercredi 27, le secrétariat fonctionne grâce au dévouement de Mlle Dieunette Despeines ... Il s’agit essentiellement d’accueillir parents et élèves, de s’informer du sort des uns et des autres, et de remettre des documents qui pourraient être demandés pour la suite des études ailleurs (dans le pays ou à l’étranger) tels que relevés de notes, carnets de l’année en cours.
Dans l’état actuel des choses, pas question de réouverture des classes, du moins dans les deux départements touchés (Ouest / Port-au-Prince ; Sud-Est / Jacmel). En ce qui concerne les autres départements, le Ministère de l’Éducation Nationale invite toutes les écoles à reprendre le plus tôt possible.
La reprise des cours suppose également une prise en compte de la situation des professeurs : à ce jour, c’est au moins 40 professeurs de l’Institution qui ont perdu totalement leur logement (trois sont sous tente ici avec leur famille) ou qui ne peuvent y demeurer en raison des lézardes plus ou moins importantes.


** Au quotidien


Tout au long des journées, les visites ne manquent pas : parents, élèves, amis, anciens, voisins, « paroissiens » de notre chapelle, confrères de la zone métropolitaine et même de Saint-Marc ou de La Vallée ou des Cayes ; mais aussi journalistes (La Vie, Laurent Grybowsky – Libération, Jean-Louis Le Touzet – Télé portugaise) et re-présentants de divers organismes d’aides (pas toujours réalistes et efficaces !, mais Save the children a réussi à créer, à proximité du laboratoire de physique, un espace d’animation pour les enfants).


Depuis trois semaines, il a fallu s’habituer aux nombreux départs et arrivées des vols contrôlés strictement par les Américains (nous ne sommes pas loin de l’Aéroport). Nous nous accoutumons aux hélicoptères qui passent très bas … trop bas (il arrive que les maisons tremblent).
Nous nous faisons à la vie sous tente, à la vie en plein air (beaucoup de poussière, pour le moment : heureusement d‘ailleurs pour nos gens pour lesquels la pluie ne faciliterait vraiment pas les choses).
Nous sommes sur une autre planète où tout nous étonne : les gens qui nous remercient de leur offrir cet espace pour continuer à vivre – le dévouement merveilleux d’un comité qui s’est mis en place pour gérer la cour Saint-Louis – la présence active des membres du personnel qui, malgré leurs pertes en biens matériels, restent disponibles pour les travaux de déménagement, de protection et d’entretien – l’ardeur des jeunes du MEJ qui créent une ambiance de solidarité, de partage et de joie. …
La communauté qui a perdu beaucoup de repères depuis le 12 janvier se ressaisit peu à peu. Ce jeudi, nous avons repris la prière du soir ensemble (autour de 6 h : le cœur d’abord, l’horloge après) et nous faisons tout pour être ensemble pour le repas.
Depuis le dimanche 17, grâce à la présence de Père François, nous avons la messe quotidienne (6h30 ami en semaine ; 7h30 le dimanche) : elle est célébrée dans l’allée qui monte vers la sacristie et que les méjistes ont baptisée « Rue de la Chapelle » (sur cette allée, un bébé est né le 14 janvier).
Nous restons en lien avec les autres communautés du pays (heureusement que les portables fonctionnent) et avec le monde (grâce à l’internet qui a pu être rétabli sous l’administration, moins d’une semaine après le séisme).


Nuit … à la belle lune
Depuis le 12 janvier, nous avons pu contempler la lune… devenue ces jours-ci pleine lune. C’est avec elle que la 20e nuit va commencer.
C’est surtout avec la Vierge Marie, patronne de notre chapelle sous le vocable de Notre-Dame de la Présentation, que nous fêterons en plein air ce mardi 2 février. Nous nous préparons à cette célébration par un triduum marial qui, de samedi (hier) à lundi (demain), rassemble nos « paroissiens » et nos « campeurs » qui le peuvent, à 5h30 pm, pour une prière de simple présence, d’action de grâces et de supplication.
Merci de porter dans votre cœur, votre amitié, votre prière, l’Institution Saint-Louis de Gonzague, pardon : la Cour Saint-Louis de Gonzague.

Boletín del Hno. Joseph Bellanger, director del Colegio-Liceo Saint-Louis de Gonzague (Delmas), recibido el 31 de enero de 2010.




Martes, 12 de enero: Todo se cae.


Pronto serán las 5 h y algunos segundos. Unas sacudidas de violencia extrema. Un colegio metódica y sólidamente construido entre 1971 y 1986, se hunde. La promoción 37º saliente (97 alumnos), llamada "In excelsis", se encuentra " In profundis ".

- Todas las clases (secundaria elemental y superior) están agrietadas o sin paredes (por el lado del patio y en general).

- Las sombrillas de todas las escaleras exteriores han caído o están colgando.

- En el interior, todo el material está patas arriba.

- Las pocas personas que estaban en algunas de las salas (del turno de tarde, sala de informática y sala de profesores) han salido indemnes. Dos heridos en la cocina.

- Los locales que parece que han resistido (capilla, cocina, laboratorio) están también afectados.

Los alumnos, profesores y padres que estaban allí, no perdieron la cabeza. La noticia se extendió rápidamente: Toda la ciudad de Puerto Príncipe sufre y también Léogane y Jacmel. La lista de los colegios públicos y privados afectados, incluso destruidos, no para de aumentar. El fenómeno del rumor mezcla las informaciones.
Domingo, 31 de enero: En el umbral de la vigésima noche…El Colegio Saint-Louis de Gonzague se ha convertido en " El Patio Saint-Louis".
"Es la comunidad Sen Lwi para dormir" : son las palabras en los labios de los acampados que no tienen casa desde el 12 de enero. El Patio Saint-Louis, visto desde un avión o helicóptero (¡y estos vehículos no faltan desde el 13 de enero!) : árboles y tiendas de campaña entre las que se perfilan algunos tejados que se mantienen en buen estado todavía …


Todos los espacios habitables están ocupados.


Entre el 12 y el 31 de enero, la gente no ha cesado de aumentar ( el recuento no es fácil : después de las 1000 personas de la primera noche, las estimaciones oscilan entre las 6000 y 10.000 personas ). Todo está organizado: hay comisiones encargadas para cada zona; debemos manejar la limpieza, la higiene, el agua ( las compañías locales de distribución, Cruz Roja haitiana… ), la alimentación, la cocina, el alojamiento ( tiendas de campaña, mantas …). La animación espiritual está asegurada: varios grupos de oración (católicos y no católicos), eucaristía diaria desde el domingo día 17.
La gente ha ocupado todos los lugares posibles: Cada noche, más de 100 personas vienen a dormir al parking y patio de secundaria elemental (incluido el propietario de un hotel vecino que no se siente seguro en él allí).
Debemos destacar la presencia de algunos inquilinos particulares:
- Radio Tele Ginen, con todas sus instalaciones en el patio del tercer ciclo.
- Médicos Sin Fronteras, en la zona del estadio (chalet y terreno que va hasta la antigua piscina) con acceso por la calle Delmas 33: los hospitales ahora están operativos; cada día algunos pacientes son transportados en helicóptero a Santo Domingo.
- MSH suizo (espacios de aprovisionamiento) en el terreno bajo la biblioteca del tercer ciclo.
En cuanto a la Comunidad, se aloja en la parte sur (taller/lavandería, no afectados por el seísmo). La lavandería sirve de depósito para todo el material recuperado. Tres habitaciones están disponibles para recibir a alguno de los Hermanos que quiera dejar la tienda de campaña, como ya lo hace el Hno. Jean. La residencia de las Hermanas del Buen Pastor fue muy sacudida: no pueden instalarse allí antes de hacer una buena reparación; las Hermanas han regresado a Canadá hace dos semanas. En cuanto al P. François, nuestro capellán, ha dejado su habitación y duerme en tienda de campaña. Aunque la capellanía (sacristía y capillita de la primera planta y residencia sacerdotal) resistió bien, así como la gran capilla de la cual sólo habrá que reparar la fachada del fondo, como la escalera que conduce hacia las campanas.
No quedan más que las salas de clase, los laboratorios ( física, química e informática), las bibliotecas, los comedores, la capilla, direcciones de ciclo, locales de la Administración central y la residencia de los Hermanos y de las Hermanas, que están vacías y desocupadas.

** Recuperación


A diferencia de los responsables de otros colegios sistemáticamente destruidos (incluso muy cerca de nosotros en Delmas 31 y 33), hemos tenido la posibilidad de retirar los documentos de la administración colegial, los archivos (fichas de alumnos, por ejemplo, desde 1948), el mobiliario, aparatos (ordenadores… ¡que funcionan!)… La lavandería y el sótano de la administración son los únicos lugares seguros, donde se puede almacenar el material.
Respecto a la residencia de las Hermanas y de los Hermanos, hemos podido salvar el mobiliario: armarios, estanterías, escritorios, camas, así como la ropa y algunos objetos personales. Hemos comprobado que en alguna habitación se nos habían anticipado algunos " visitantes ".


** Servicio mínimo


Desde el miércoles, día 27, funciona la secretaría gracias a la abnegada dedicación de la Srta. Dieunette Despeines… Se trata, sobre todo, de atender a padres y alumnos, de informarse por la suerte de unos y otros, y entregar los documentos que puedan solicitar para seguir los estudios en otra parte (en el país o en el extranjero),
así como las notas obtenidas y carnés del año en curso.
Según están las cosas, no podemos reanudar las clases, al menos en los dos departamentos afectados (Oeste de Puerto Príncipe y Sur-Este de Jacmel ). Por lo que respecta a los demás departamentos, el Ministerio de Educación Nacional invita a todos los colegios a reanudar las clases lo antes posible.
La vuelta al colegio supone también tener en cuenta la situación de los Profesores : hasta el día de hoy, al menos 40 profesores del Colegio han perdido totalmente su vivienda ( 3 de ellos están aquí en tienda de campaña con su familia ) o que no pueden vivir en ella porque tienen grietas más o menos importantes.

** A diario


Cada día no faltan las visitas: padres, alumnos, amigos, antiguos alumnos, vecinos,
"parroquianos" de nuestra capilla, cohermanos de la zona metropolitana e incluso de Saint-Marc o de La Vallée o de Cayes ; y también periodistas ( La Vie, Laurent Grybowsky – Libération, Jean-Louis Le Toucet – TV portuguesa ) y representantes de varios Organismos de ayuda (¡ no siempre realistas y eficaces !, sin embargo, Save the children ha logrado crear, cerca del laboratorio de física, un espacio de animación para los niños ).
Después de tres semanas ya nos hemos acostumbrado a las numerosas salidas y llegadas de vuelos, estrictamente controlados por los Americanos ( no estamos lejos del Aeropuerto ). Nos hemos acostumbrado a los helicópteros, que pasan muy bajo ...
demasiado bajo ( a veces hacen temblar las casas ).
Nos hemos hecho a la vida en tienda de campaña, a la vida al aire libre ( por ahora con mucho polvo : pero, por otra parte, mejor para la gente, porque la lluvia no facilitaría verdaderamente las cosas ).
Estamos como en otro planeta, donde todo nos parece extraño : la gente que nos agradece por haberles ofrecido este espacio para continuar viviendo – la maravillosa dedicación de una comisión comprometida en la atención al Patio Saint-Louis – la presencia activa de los miembros del personal que, a pesar de haber perdido sus propios bienes materiales, están disponibles para los trabajos de descarga, traslado, protección y mantenimiento – el entusiasmo de los jóvenes del MEJ que crean un ambiente de solidaridad, participación y alegría.
La Comunidad que, desde el 12 de enero, ha perdido muchas de sus características, se recupera poco a poco. Este jueves hemos vuelto a hacer juntos la oración de la tarde ( alrededor de las 6 h. : primero el corazón, después lo demás ) y hacemos lo posible por estar juntos durante la comida.
Desde el domingo, día 17, gracias a la presencia del P. François, tenemos la misa diaria ( 6.30 h. a.m. durante la semana ; 7.30 h. el domingo ) : se celebra en el pasillo que sube hacia la sacristía y que los mejistas han bautizado como la " Calle de la Capilla " ( en este pasillo nació un niño el 14 de enero ).
Estamos en contacto con las demás Comunidades del país ( gracias a que los portátiles funcionan ) y con el mundo ( gracias a Internet que ha podido restablecerse en la administración, en menos de una semana después del seísmo ).

** Por la noche … a la luz de la Luna


Desde el 12 de enero hemos podido contemplar la luna … que estos días está en Luna llena. Con ella vamos a comenzar la noche Nº 20.
Con la Virgen María, Patrona de nuestra capilla bajo la advocación de Ntra. Señora de la Presentación, celebraremos al aire libre este martes, día 2 de febrero. Nos estamos preparando a esta celebración con un Triduo mariano que, desde el sábado (ayer) hasta el lunes (mañana), reúne a nuestros " parroquianos " y a nuestros "campistas" que pueden, a las 5.30 p.m. , para hacer una oración de simple presencia, de acción de gracias y de súplica.
Gracias por llevar en vuestro corazón, en vuestra amistad y en vuestra oración el Colegio Saint-Louis de Gonzague, perdón : el Patio Saint-Louis de Gonzague.





Commentaires

  1. Je viens de prendre connaissance de votre compte rendu du 31 Janvier. Mes pensées et mes prières sont avec vous tous et en particulier à la Cour Saint Louis de Gonsague.
    Dites moi si la "prestigieuse" bibliothèque" et son contenu a été en partie épargnée. Je ne peux oublier les moments passés en 1996 en compagnie du frère Even, à qui je transmets toutes les amitiés de la famille Gauchery et toutes nos pensées. Avec vous par le coeur Mme Michel Gauchery

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  2. Je travaille dans une de vos écoles et je suis ce blog depuis qu'il a été ouvert ... je voudrais vous dire que cela me touche beaucoup de lire tous vos commentaires et que cela permet de ne pas oublier et de ne pas vous oublier... je me suis aussi permise de les afficher à l'entrée du CDI et certains élèves prennent le temps de les lire...Que le Seigneur continue de vous bénir et qu'il vous apporte la paix même dans ce cahos
    Amitiés Maryse

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  3. En réponse à Mamade Gauchery, voici un mot envoyé par le Fr. Ernest, de la Bibliothèque Haïtienne :
    Débarrassé - provisoirement sans doute -d'une masse de réponses à expédier à des organismes officiels (au sujet de la bibliothèque) ou à d'autres correspondants, je peux enfin vous préciser l'état actuel de la BHFIC.
    Pour faire plus court et plus complet, je vous envoie la copie du raport addressé à l'un de ses bienfaiteurs, le professeur Léon-Fr. Hoffmann de Princeton University.
    Bonjour, bien cher Ami.
    Merci pour votre courriel si émouvant.
    Je vous écris de notre lycée du Cap-Haïtien où les supérieurs m'ont forcé à aller me reposer.
    Je vais directement à vos questions.
    1o) La bibliothèque a tenu le choc mais l'enduit intérieur s'est lézardé en plusieurs endroits. Cependant, la terrasse, les plafonds et poutres n'ont pas la moindre fissure! Quatre colonnes de la grande salle ont perdu un peu d'endui mais les parpins n'ont pas bronché. Par ailleurs, aucune vitre cassée car elle étaient fermées. Seul le battant gauche de la solide porte d'entrée a perdu ses petits rectangles de verre opaque mais tout son quadrillage/armature métallique est intact; j'ai fixé deux bonnes tôles derrière; le battant droit(serrure) n'a pas bronché. Les 8 grandes tables, les
    32 chaises toute neuves, le scanner et les autres "machines" n'ont pas souffert; seule, une courte rayure marque mon moniteur plat sur lequel je vous écris.
    2o) Aucun dégât pour les 19 armoires de journaux du bas. A la mezzanine, 7 armoires de livres sont tombées sur le ventre; une demi-douzaine d'autres sont déhanchées et 2 sont à moitié vidées de leur contenu de livres(agriculture, art culinaire et une partie de la législation(mais pas la meilleure heureusement!).
    The big question is: comment relever cela?... Heureusement que Madame Thybulle vient de recevoir une promesse d'aide de bibliothécaires de la Républicaine Dominicaine, auxquels elle a sagement demandé(vu l'insécurité de la rue du Centre) d'attendre une dizaine de jours.
    Au total, pas un document ne manque à l'appel!... Seuls, quelques livres et volumes du Nouvelliste
    devront repasser chez mes excellents jeunes relieurs.
    3o) Madame Lubin, ma secrétaire, est saine et sauve dans sa famille aux Cayes.
    Extérieurement, la BNd'Haïti a tenu elle aussi, quoiqu'ébranlée avec des dégâts à l'intérieur.

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